Pour ne pas complètement décrocher de ce qui se joue en ce moment aux Etats-Unis, il suffit de regarder CNN en Afrique et suivre un discours d'Obama au pays de Mandela. Le Président américain a retrouvé les accents enflammés de sa campagne pour soulever l'enthousiasme et l'adhésion de son auditoire, hier en Pennsylvanie.
Il faut dire que les oreilles lui ont chauffé depuis quelques jours. Vendredi en effet, un document de fudraising des Républicains a été diffusé dans la presse. Non seulement ils utilisent la rhétorique habituelle pour lever des fonds (Barack Obama = socialisme, c'est-à-dire le Diable en personne pour les Américains), mais en plus il présentent l'exemple de la décision de BO de faire voter le Health Care à 51 voix au Sénat (soit la majorité ) et non à 60 (soit une super majorité), comme une preuve de pratiques socialistes, entendez autoritaires. Dès le lendemain, la White House mobilisait les Démocrates et BO ajustait son angle d'attaque en disant que les pratiques abusives n'étaient pas de son côté, mais du côté des assurances privées. Et son discours de Pennsylvanie hier lui a donné l'occasion d'enfoncer le clou.
Je vous retranscris les passages les plus vibrants où il commence par cibler les compagnies d'assurance qui décident qui est malade, qui est en bonne santé, qui peut payer, et qui ne le peut pas:" And that's why we need to pass health care reform - not next year, not five years from now, not 10 years from now, but now. (...) When is it the right time? (Applause). If not now, when? If not us, who? Is it a year from now or two years from now or five years from now or 10 years from now?
Audience: no!
The President: I think it's right now, and that's why you're here today (Applause) (...) I don't know how passing health care will play politically, but I do know tht its the right thing to do (Applause). It's right for our families. It's right for our business. It's right for the United States of America. And if you share that belief, I want you to stant and fight with me. (Applause) (...) The need is great. The opporunity is here. Let's seize reform. It's within your grasp (Applause).
Autrement dit, pour ceux qui en voudraient la traduction: "Et voilà pourquoi nous devons passer la réforme - non pas l'année prochaine, ni dans 5 ans, ni dans 10 ans, mais maintenant (...) Quand est donc le bon moment? (Applaudissements). Si ce n'est pas maintenant, c'est quand? Si ce n'est pas nous, c'est qui? Est ce dans un an, dans deux, dans cinq ou dans 10 ans?
Le public: "non!"
Le Président: "Je pense que c'est maintenant, et voilà pourquoi vous êtes là aujourd'hui (applaudissements). (...) Je ne sais pas ce que cela donne politiquement, mais je sais que c'est ce qu'il faut faire. C'est juste pour nos familles. C'est juste pour nos affaires. C'est juste pour les Etats-Unis d'Amérique. Et si vous pensez comme moi, je veux que vous vous leviez et vous battiez avec moi (Applaudissements) (...) Le besoin en est grand. L'opportunité est là. Saisissons cette réforme. c'est entre vos mains"
Ça s'appelle un appel au peuple ou je ne m'y connais pas!
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